Expérience personnelle – Jean Gagnon

Expérience personnelle – Jean Gagnon

C’est en 2010 que ma vie professionnelle et sociale a basculé suite à mon intolérance aux champs électromagnétiques, aggravée depuis par une intolérance aux champs électriques de basses fréquences.

En 2010 je me suis volontairement présenté à l’urgence car j’éprouvais des symptômes jamais ressentis depuis ma naissance 57 ans auparavant. Le système médical, après les tests d’usage, sanguins et autres, ne pouvant identifier la source de mes symptômes, m’a référé en psychiatrie et le psychiatre m’a placé en garde préventive utilisant la loi d’exception P38. Il considérait que j’étais dangereux pour moi même car je lui ai raconté que dans les heures précédent ma visite à l’urgence, mon instinct de survie m’avait forcé à m’éloigner en forêt suite à d’importants malaises apparus soudainement, que je ne pouvais identifier à l’époque comme étant des symptômes d’électrosensibilité.
Ce qui m’a conduit à m’enfuir en forêt sont les symptômes survenus lorsque je suis passé à moins d’une centaine de pieds de l’un de ces compteurs émetteurs . Sans savoir pourquoi, j’ai éprouvé soudainement une énorme sensation de serrement à la tête, ainsi qu’une sensation d’être suivi. À cela s’ajoutait la crainte de perte de la faculté de conduire mon véhicule. J’ai alors pris la décision d’abandonner mon véhicule dans l’entrée voisine et d’entrer dans la forêt pour m’éloigner de cet endroit. J’ignorais à l’époque la source de mon malaise et que les radiofréquences de ces compteurs pouvaient déclencher et ou amplifier certain symptômes (ce que j’ai pu vérifier depuis). Ces symptômes se sont estompés progressivement au fur et à mesure que je m’enfonçais en forêt en m’éloignant de la route et des maisons avoisinantes.
Le psychiatre en a déduit que j’étais aux prise avec des ondes maléfiques, c’est à tout le moins ce qui est écrit sur son rapport psychiatrique présenté à la cour (après 9 jours de garde illégale) dans le but d’obtenir une garde en établissement de 21 jours ou moins. J’y ai vécu les moments les plus sombres de mon existence, en salle d’isolement, et de torture pour moi du fait que je ne pouvais sortir de cette salle la nuit et marcher, ce qui en général me soulageait un peu. J’avais peur de ce que me réservait l’avenir. Après 5 jours de privation de liberté, j’avais des idées sombres et je commençais à élaborer un plan suicidaire. La 9ième journée, lors de l’audience j’étais accompagné de membres de ma famille et d’une conseillère de l’A-Droit (Association de Défense de Droit en Santé Mentale). Le juge a reconnu un problème déontologique impliquant les procureurs de l’hôpital et le rapport psychiatrique. Ce qui m’a permis de retrouver ma liberté sur-le-champ, mais les symptômes étaient toujours présents.

Dans les semaines suivantes, mes recherches de santé m’ont conduit à Santé Canada et à un technicien en santé environnementale que je remercie pour son intégrité envers sa profession, Après un entretien téléphonique d’environ 1 heure, ce dernier m’a invité à consulté le rapport Le point de vue médical sur l’hypersensibilité environnementale, rédigé par Margaret E. Sears (M.Ing., Ph.D.) en mai 2007 pour la Commission des droits de la personne, c’est en consultant les pages 41à 47 que j’y ai découvert une bonne partie de la source de mes problèmes : les champs électromagnétiques.

Depuis ce temps j’ai diminué mon exposition aux émissions électromagnétiques, j’exerce une hygiène électromagnétique rigoureuse : je n’utilise plus de lampes fluo compactes, ni de téléphone de maison sans fil, sauf pour de très courts moments et en ne le branchant seulement lorsque c’est nécessaire (il n’émet pas lorsqu’il est sur sa base placée loin de moi de toute façon). Je n’ai plus de four microondes, je ne garde que les disjoncteurs électriques nécessaires, je n’utilise plus ces petits chargeurs à découpages électroniques qui perturbent l’électricité de maison (électricité sale), tout comme ces compteurs communiquant (dit intelligent) et ou non communicant.

Faute de ressources financières je travaille encore à assainir mon environnement sur le plan champs électrique et magnétique. Depuis 20 ans, je n’ai jamais utilisé d’Internet Wi-Fi ni de cellulaire. J’ai diminué les sorties sociales et familiales afin de contrôler mon exposition aux CEM. Je ne vais plus dans les évènements où il y a foule (trop de cellulaires allumés) et je cherche continuellement des zones blanches (sans ondes ou presque). Je participe régulièrement à certain ateliers et je demande de mettre les téléphones en mode avion. En général c’est une bonne solution jusqu’à la pause… où les téléphones sont rallumés. Alors il faut souvent que j’intervienne auprès du conférencier, ce n’est pas agréable. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de faire respecter ce droit dès le début de l’audience lors d’audition à la Commission d’accès à l’information. Juste le trajet pour m’y rendre avec ces sources d’émissions d’ondes sur le chemin bouleversait mes idées, donc il m’était difficile de plaider adéquatement.

Avoir pris ces mesures me permet de survivre dans cet océan de pollution électromagnétique. J’éprouve quand même, au quotidien, certains symptômes depuis cet évènement en 2010 : acouphènes, fatigue chronique qui sont très handicapants, augmentation de ma pression artérielle, yeux secs, audition moins bonne, douleurs aux oreilles, etc. en particulier lorsque je me retrouve près d’une source d’exposition. Tout ceci est arrivé avec la transition au numérique dans les années 2010 ! Depuis l’apparition de ces symptômes j’ai réduit mes activités professionnelles. L’hiver dernier, pensant avoir repris du mieux, je suis retourné sur les bancs d’école pour me rafraîchir en dessin industriel à raison de 3 heures, une fois semaine et j’ai rechuté, donc je dois me restreindre à une exposition minimum très stricte.

Je garde espoir qu’un jour nos dirigeants finiront par comprendre que les politiques actuelles gardent dans l’ignorance les décideurs de différents niveaux en les incitant à favoriser un déploiement massif de technologies numériques dont l’innocuité n’a jamais été démontrée, au détriment de notre santé. Je consacre l’énergie qui me reste à ma survie, à la cause de l’électrosensibilité, et lorsqu’il en reste, à mes projets de recherche.

Un brin de conscience peut faire la différence. Bonne santé à vous tous